* Commission nationale des comptes de campagne et des financements politiques.

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Presse écrite.

Le Figaro (31/03/2007)

Les coulisses de la campagne.
Financement : les addictions de l’élection.

Meetings, affiches, matériel : dans les partis chacun fait ses calculs, sous l’oeil sourcilleux de la commission nationale des comptes.

« Rends moi ce chèque il faut le photocopier ! » lance un collaborateur de Michel Mercier, mandataire financier de François Bayrou. Dans tous les états major de la campagne, la moindre dépense et la moindre recette doivent être minutieusement répertoriées. Carla commission nationale des comptes de la campagne présidentielle (CNCCP) passera au peigne fin les budgets des douze candidats. La candidate socialiste, Ségolène Royal a prévenu son équipe « Un euro dépensé doit être un euro utile ». Chez Nicolas Sarkozy, on a prévu 17 meetings nationaux avant le 22 avril, pas un de plus, pour que le cout de la campagne soit « légèrement en dessous»du plafond autorisé de 16 millions d’euros, pour le premier tour, indique Eric Woerth, le trésorier de l’UMP.
Pour les petits candidats qui n’ont guère d’espoir de franchir les 5% des voix, on se contente le plus souvent des 800 000 euros qui, quoi qu’il arrive, seront remboursés par l’état. Arlette Laguiller (LO), voyage en première classe sur les TGV, la seule touche de luxe de sa campagne. Coup dur pour Gérard Shivardi, soutenu par le parti des travailleurs : la CNCCP a refusé hier d’homologuer l’affiche et la profession de foi sur lesquelles il se présentait comme le « candidat des maires » Des milliers d’euros pourrait partir en fumée. Tous les candidats ont conscience qu’une campagne présidentielle coute très cher, et que le moindre dérapage sera sanctionné.

Les euros des meetings.

Le budget prévisionnel de Nicolas Sarkozy consacré aux grandes réunions publiques est le plus élevé (11 millions d’euros) devant celui de Ségolène Royal (5 millions d’euros , une somme plancher, car son équipe parle de choix délibéré d’envisager des meetings supplémentaires » avant le premier tour), ou de François Bayrou (3,7 millions d’euros dépensés à ce jour).
Le congrès d’investiture du candidat de l’UMP, le 14 janvier au parc des expositions de la porte de Versailles à paris, a coûté à lui seul 3,6 millions d’euros, plus que l’ensemble de la campagne de Philippe de Villiers (3 millions) et un bon tiers du budget de dépenses de Jean–Marie le Pen (9 millions). «  C’était à la fois le congrès de l’UMP et le lancement de la campagne de Nicolas Sarkozy explique Éric Woerth.
Pour tous les candidats, la location de la salle (600 000 à la porte de Versailles pour 80 000 personnes, « l’équivalent d’une ville moyenne ») ne représente qu’une petite partie des frais. Il faut ajouter les branchements électriques et l’installation de lignes haut débit, 520 cars et 8 TGV pour acheminer les militants, la signalétique extérieure, la location des chaises, le montage de la scène et la vidéo, la sécurité... Finie, en revanche, l’époque où l’on offrait des repas aux militants.
Le prix des meetings varie donc principalement en fonction du nombre de personnes attendues : 100 000 à 200 000 euros pour un meeting régional animé par Nicolas Sarkozy ou Ségolène Royal. « Les salles ont grandi avec la montée de la candidature de François Bayrou », témoigne Michel Mercier. Les prix suivent : 360 000 euros au Zénith à Paris, 90 000 au palis des sports de Saint—Etienne, 71 000 euros à Nîmes pour le candidat UDF.
Jean–Marie le–Pen, lui, a prévu cinq grands meetings (dont le coût s’échelonne entre 60 000 et 150 000 euros) d’ici au premier Tour. Le président du Front national a aussi animé neufs banquets républicains (avec une participation de 20 à 25 euros par personne), qui n’ont couté en net que 30 000 euros au FN, des opérations rentables et bon marché.
Les petits candidats font tout à l’économie, privilégiant les salles municipales, beaucoup moins chères, sans décorum particulier. José Bové, dont le budget ne dépasse pas 390 000 euros se plaint du prix des salles. A la LCR, on ne dépense pas plus de 15 000 euros par meetings avec un fond de scène (1000 euros) transportable. A Lutte ouvrière, un « grand »meeting sans fond de scène ne doit pas dépasser 6000 euros. Philippe de Villiers, lui, animera cet après midi son plus gros meeting au Palais des Congrès de la porte Maillot, à Paris. Coût : 200 000 euros pour 5000 personnes attendues. La construction d’un fond de scène et d’un pupitre pour toute la campagne du candidat MPF a couté 6 000 euros.

La grande peur des petits.

Une campagne présidentielle représente un vrai pari financier. Candidat en 1995, Philippe de Villiers avait hypothéqué sa maison de Vendée et avait dû faire appel aux dons pour rembourser une partie de ses frais de campagne n’ayant obtenu que 4,74% des voix. Sans mettre euros péril ses finances, Villiers joue assez gros cette année. Il a vendu le siège du parti, 165 mètres carrés près de l’école militaire (1ME) et le MPF a prêté 1,1ME à son association de financement. S’il ne franchit pas la barre des 5% de voix, il ne restera au MFP qu’environ 500 000 euros pour la campagne des 577 candidats MFP aux législatives. Le siège de campagne du MFP n’est loué que jusqu’en avril 2007 (900 000 euros pour dix mois). Frédéric Nihous, le candidat de CPNT, a contracté un prêt personnel de 780 000 euros pour la campagne. Alors que Jean Saint Josse avait embauché, pour la campagne de 2002, un conseiller politique et une attachée de presse, la campagne de CNPT, revue à la baisse, tourne cette année avec quatre personnes seulement. Olivier Besancenot (LCR) a contracté un prêt personnel de 650 000 euros, et privilégie les conférences de presse locales pour diffuser son message. Arlette Laguiller (LO), qui ne dépensera pas plus qu’en 2002 (2,40 ME), n’a pas contracté de prêt bancaire. C’est LO qui avance les fonds de la candidate. Marie–George Buffet (PCF) a un budget de 4,60 ME, constitué à 74 % des apports du parti (provisionnés en 5 ans), 18% de l’aide publique forfaitaire, et 8% d’un appel aux dons (400 000 euros escomptés).

Les euros de l’Internet.

Tracts, documents et affiches sont toujours à l’honneur, mais tous les candidats misent cette année sur l’internet. Le matériel de propagande politique au sens large est le premier poste budgétaire à la LCR (200 000 euros), et représente 43% des dépenses au PCF. Le budget communication de Dominique Voynet s’élève à 450 000 euros, soit le tiers des dépenses globales Surtout, les sites internet des candidats servent aussi à lancer des appels aux dons d’une ampleur nouvelle.

A l’UMP on estime que les dons des personnes physiques (de 40 euros en moyenne) représenteront « plusieurs millions d’euros ». « L’objectif est de financer ainsi un maximum de dépenses non remboursées par l’État » , indique Éric Woerth. Le trésorier de l’UMP fait pour la première fois appel à des « relais » sympathisants de l’UMP qui adressent des « e–mailing » à leur entourage pour l’inciter à envoyer des dons pour la campagne de Nicolas Sarkozy.

Sur le site Internet de l’UDF (dont le coût de fonctionnement global représente 483 392 euros), les dons arrivent par virement bancaire, mais ceux par chèque sont encore plus nombreux. En 2002, le candidat François Bayrou avait recueilli 370 000 euros de dons. En 2007 c’est l’explosion : 9582 donateurs ont été recensés cette semaine. Gains escomptés d’ici au premier tour : 1,5 ME.

Au PS, le budget Internet pour la campagne de Ségolène Royal atteint pour la première fois 2ME. « Il n’y a pas de campagne nationale d’appels aux dons, car nous n’avons pas cette culture–là » précise Dominique Betinotti, présidente de l’association de financement de la campagne. Ce qui n’empêche pas les fédérations départementales du PS, qui bénéficient au total d’un budget de 4 ME alloués par le PS pour mener la campagne décentralisée de la candidate, de récolter elles–mêmes les dons des sympathisants.

Sophie Huet

Les deux finalistes ne devront pas dépenser plus de 21,5 millions d’euros.

Réunion des fonds, règlements des dépenses, retour sur les règles de financement de la campagne.

Chaque candidat a dû nommer un mandataire financier qui peut être une personne physique ou une association de financement électoral. Ce mandataire est chargé de recueillir les fonds et de régler les dépenses de la campagne. Il a dû ouvrir un compte bancaire dit « compte de campagne » destiné à cet effet un an avant le premier jour du mois de l’élection, doncAvant le 1er avril 2006.
Le compte de campagne devra être adressé à la commission nationale des comptes de campagne et des financements politiques (CNCCFP), chargée d’en vérifier la régularité, au plus tard deux mois après le second tour.
Une personne physique ne peut pas donner plus de 4 600 euros. Tout don de plus de 150 euros doit être réglé par chèque. Les dons en espèces ne peuvent excéder 20% du montant des dépenses autorisées. Les partis ou groupements politiques peuvent faire des dons, non plafonnés, les autres personnes morales ne le peuvent pas. Le montant des dépenses est plafonné à 16,166 millions d’euros pour chacun des candidats du 1er tour. Ce plafond est porté à 21,584 millions d’euros pour chacun des deux candidats présents au second tour.
Les dépenses de campagne des candidats leur seront remboursées par l’état jusqu’à concurrence d’un plafond. Ce plafond est fixé à 8, 083 millions d’euros pour les candidats qui auront atteint 5% des suffrages, à 808030 euros pour ceux qui n’auront pas atteint ce seuil et à 10,797 millions d’euros pour chacun des candidats du second tour. Chacun des douze candidats a touché la semaine dernière 153 000 euros, à titre d’avance sur le remboursement.

Olivier Pognon

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