* Commission nationale des comptes de campagne et des financements politiques.

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Presse écrite.

Libération (26/07/2010)

« Il faut y voir un progrès de la transparence »

(page 4)

INTERVIEW

Benoist Apparu, secrétaire d'Etat au Logement, défend les micropartis, car ils sont contrôlés.

Secrétaire d'Etat chargé du Logement et de l'Urbanisme, Benoist Apparu a été un des premiers à créer, alors qu'il était député (UMP) de la 4e circonscription de la Marne, un microparti pour financer son activité politique. Il justifie ce choix, au nom de la transparence.

A gauche, mais aussi à l'UMP, des voix s'élèvent pour demander la suppression des micropartis. Qu'en dites–vous ?

Je suis outré par ce que j'entends sur les micropartis. Le parti, quelle que soit sa taille, c'est une garantie de transparence. Le supprimer, c'est retourner à l'âge de pierre de la vie politique. C'est–à–dire au règne des associations loi de 1901. Désirs d'avenir de Ségolène Royal en est le parfait exemple. Dans ce système, il n'y a pas de déclaration obligatoire, pas de contrôle de commissaires aux comptes. Il n'a y aucune limite aux dons et rien n'interdit le financement par les entreprises. C'est le degré zéro de la transparence. Benoît Hamon [porte–parole du Parti socialiste, ndlr] veut–il nous imposer ce modèle ? C'est juste n'importe quoi. Chacun peut se procurer la liste des partis. Il suffit de consulter les rapports de la Commission nationale des comptes de campagne et des financements politiques. Dans la multitude des associations en tous genres, il est impossible de repérer celles qui sont entièrement dédiées au soutien d'un élu local, mais il y en a.

Pourquoi avoir créé votre parti, l'Association de soutien à l'action de Benoist Apparu ?

C'était le choix le plus transparent et le plus protecteur, car contrôlé chaque année pour financer mes activités politique au niveau local. Je l'ai fait il y a un an et demi, bien avant mon entrée au gouvernement. J'en avais besoin pour éditer un journal, pour créer un site Internet. La démocratie a un coût.

Multiplier les partis, n'est–ce pas un détournement de l'esprit de la loi, comme l'affirme François Logerot, président de la Commission des comptes de campagne et des financements politiques ?

Je crois au contraire qu'il faut y voir un bon signe, un vrai progrès de la transparence. Encore une fois : si ces 296 partis avaient gardé un statut associatif, vous, journalistes, vous ignoreriez jusqu'à leur existence. Avec la loi de 1995, on a créé une réglementation, sans doute perfectible. Mais rien ne serait pire qu'un retour en arrière.
En ce moment, tout ce qui touche au rapport de l'argent et de la politique devient suspect. Il y a une ambiance de flingage systématique. On crie haro sur la politique. On raconte n'importe quoi. Et on prend le risque d'un vrai recul démocratique.

Vous êtes aussi membre de l'UMP. Avez-vous le feu vert de votre parti pour créer votre formation ?

Non, il n'y a pas de raison de demander une autorisation. Cela relève de l'organisation politique locale dans ma circonscription. A ce niveau, on soutient plutôt les élus que les partis.
Il y a des gens qui peuvent vouloir m'apporter leur soutien financier et ne souhaitent pas forcément adhérer à l'UMP.

Mais il y en a aussi qui donnent à la fois au parti et ses satellites. Et qui peuvent ainsi dépasser le plafond légal autorisé de 7500 euros par personne privées. D'où ce soupçon : les micropartis seraient, comme dit le PS, des pompes à finances...

On parle là d'un risque potentiel. En théorie, c'est vrai, un particulier pourrait donner vingt fois 7500 euros. Mais si cela existait, on le saurait. La Commission de contrôle des financements politiques le verrait tout de suite, puisque c'est elle qui délivre les exonérations fiscales auxquelles donnent droit ces dons.
Les socialistes parlent de stratégie de financement de l'UMP. Il n'y a pas le début d'une preuve ! Allez voir les comptes du parti, ils sont publics. Vous verrez qu'il n'y a pas de remontée de fonds des partis individuels vers l'UMP. Il faut revenir la réalité. Dans cette polémique, on donne le sentiment que les politiques brassent des millions d'euros. Moi, j'ai 49 adhérents et un budget annuel de 2800 euros.

Ne faut–il pas, comme le veut le PS, interdire aux éputés et ministres d'avoir leur propre parti ? Et interdire les dons à plusieurs partis ?

C'est ridicule. Les partis de Jean–François Copé, de François Fillon ou de Manuel Valls participent à la vie démocratique. Qu'un particulier donne 50 euros à Apparu et 50 euros à l'UMP, je ne vois pas le problème. Interdire cela, c'est prendre le risque d'encourager un système beaucoup plus opaque.

Car rien n'empêchera qu'un donateur finance d'une part un parti et, d'autre part un nombre illimité d'associations loi 1901. La seule différence, c'est que personne ne le verra. Qui sait, aujourd'hui, combien d'élus de gauche ont leur association ? Je suis convaincu qu'il y en a des centaines.

Seriez–vous favorable à un plafonnement des dons ?

Là encore, il peut y avoir des évolutions pour améliorer le fonctionnement des micropartis, c'est le rôle de la Commission des comptes de campagne et des financements politiques de faire des propositions. Mais les supprimer nous ferait faire un grand bond en arrière. Ce serait le retour vers l'opacité, l'absence de contrôle, les dons d'entreprises... Je note qu'une fois encore le PS a fait le choix de ne pas changer d'époque.

Recueilli par ALAIN AUFFRAY

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